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Dans un contexte général d’accélération, les entreprises tissent de plus en plus de liens avec d’autres organisations. Ces connexions ou partenariats permettent de booster l’innovation et de faire correspondre les délais de mise sur le marché aux standards actuels. La notion d’écosystème d’affaires est apparue à la fin du 20ème siècle. Elle fait référence aux multiples interconnexions entre une entreprise et ses partenaires. Plus ou moins grande, cette communauté rassemble généralement plusieurs secteurs et différentes filières : grands groupes, startups, PME, universités, associations, autorités publiques, etc.

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Comprendre ce qu’est un écosystème d’affaires

James Moore décrit pour la première fois le concept d’écosystème d’affaires dans les années 1990. C’est en se basant sur la définition d’écosystème et de système écologique d’Arthur Tansley (1935) que Moore développe cette notion. Selon Tansley, un écosystème fait référence aux relations entre communautés de même espèce dans un lieu spécifique, et entre ce lieu et la communauté. Moore transpose cette idée au monde des affaires. Cependant, dans le cas d’un écosystème d’affaires, une entreprise (communauté) n’appartient pas à un seul secteur (espèce), mais à différentes industries interconnectées. Ce concept évoque à la fois les relations entre ces différentes organisations et les relations que celles-ci entretiennent avec le marché et la demande.

Un écosystème d’affaires est donc un groupe hétérogène. Ses membres diffèrent en termes de taille (PME, startups, grands groupes, etc.), de statut (institutions, universités, entreprises, etc.) et/ou d’activité (secteur, positionnement dans la chaîne de création de valeur).

Surtout observés dans le milieu technologique et industriel, les membres d’un écosystème d’affaires gravitent autour d’une ou plusieurs entreprises pivots (keystones). Ces acteurs forment une communauté rassemblée autour de la vision et des missions portées par le(s) leader(s). Véritables partenaires, ces entités travaillent ensemble pour développer de nouvelles solutions (produits ou services), se différencier de la concurrence et répondre de manière innovante à la demande des consommateurs. L’écosystème d’affaires fait donc partie des premiers modèles d’innovation ouverte.

Cette organisation réticulaire permet de favoriser l’open innovation en stimulant le partage de savoir, le transfert de compétences et la formation mutuelle des acteurs du système. On obtient ainsi une collaboration active pouvant être comparée à l’atmosphère industrielle décrite en 1890 par Marshall. A ce titre, la Silicon Valley peut être considérée comme un écosystème d’affaires regroupant plusieurs sociétés et institutions. Organisés en réseau, ces acteurs se nourrissent mutuellement des innovations des différents membres du système. Portée par plusieurs leaders, cette communauté regroupe des secteurs variés. Ce point permet à la Silicon Valley d’enrichir son potentiel innovant en faisant collaborer des talents détenant des compétences complémentaires. Elle bénéficie également d’un matériel universitaire et des apports des laboratoires de recherche.

Aujourd’hui, parmi le top 7 des entreprises les plus cotées en bourses, 6 sont leaders d’écosystèmes d’affaires : Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Facebook et Alibaba. Leur point commun est d’avoir construit leur propre réseau de partenaires pour doper leur potentiel innovant. En effet, la force de l’écosystème d’affaires est qu’il permet aux différents membres qui le composent de compenser ses faiblesses (taille, sur-spécialisation, besoin d’externaliser, etc.) en s’appuyant sur les forces d’autres structures. Que ce soit en termes de flexibilité ou d’évolution, cette organisation bénéficie à tous les membres du réseau. Dotées de profils hétérogènes, ces entités peuvent participer à différents stades du process de création de valeur défini et porté par le(s) keystone leader(s). Par ce biais, un écosystème d’affaires élargit son panel de compétences grâce à chacun des maillons qui le composent. Il permet d’accélérer la résolution de problèmes complexes, d’optimiser la veille stratégique et de partager l’apport de brevets. Développer un écosystème d’affaires est donc un levier pour déployer l’open innovation au sein d’une structure.

Critères et prérequis pour mettre en place un écosystème d’affaires

L’écosystème d’affaires est un modèle de choix pour toute entreprise souhaitant entrer dans une dynamique d’innovation ouverte. Il se différencie d’un simple réseau d’entreprises, en mêlant coopération et compétition à l’intérieur même du système. La théorie de Moore donne donc lieu à une nouvelle forme de compétitivité : la coopétition. Les membres de l’écosystème d’affaires luttent pour obtenir le statut de leader au sein de la communauté. Cette pression saine contribue fortement à son potentiel innovant.
« Aujourd’hui, parmi le top 7 des entreprises les plus cotées en bourses, 6 sont leaders d’écosystèmes d’affaires"

 

Plusieurs critères permettent de définir ce qu’est un écosystème d’affaires :

  1. Le système regroupe plusieurs entités interdépendantes et hétérogènes. Celles-ci sont membres d’un ou plusieurs écosystèmes,
  2. Elles proviennent d’industries ou de secteurs d’activité différents,
  3. Elles partagent la même vision stratégique portée par un ou plusieurs leaders,
  4. Un des leaders impose sa technologie à l’ensemble des membres de l’écosystème. Chacun d’entre eux travaille ensemble pour faire évoluer cette technologie et en bénéficier en retour.

Quelques prérequis doivent également être respectés :

  • Détenir une vision claire de la mission de l’écosystème. Celle-ci doit être compréhensible et partagée par tous les acteurs,
  • Pour que chaque partenaire se sente impliqué dans cette « communauté de destin stratégique », leur performance respective doit être mesurée. Il faut que tous puissent quantifier leur apport en termes de création de valeur,
  • Le management doit être coopératif et flexible,
  • Les relations entre partenaires doivent être entretenues afin d’assurer un haut niveau de confiance entre les différents maillons de l’écosystème.

La pérennité d’un écosystème d’affaires peut quant à elle se résumer en 3 facteurs clés de succès (Lansiti et Levien, 2004) :

  • La productivité,
  • La robustesse,
  • La capacité à intégrer de nouveaux acteurs et offrir de nouvelles opportunités à la communauté.

Le rôle de leader dans un écosystème d’affaires

Devenir leader d’un écosystème d’affaires ne dépend pas seulement du niveau d’expérience, d’expertise ou d’ancienneté. Ce positionnement repose sur la valeur qu’une entreprise apporte à l’ensemble des acteurs du système. Elle doit aussi être en mesure de partager et de faire résonner sa vision stratégique au sein du groupe.

Pour ce faire, le leader définit un objectif collectif en imposant ses standards et normes. Il coordonne les compétences de chacun des partenaires selon le processus de création de valeur qu’il a élaboré. Cette organisation doit lui permettre de prendre appui sur leurs ressources tangibles et intangibles afin de stimuler la production de valeur.

Au-delà du pilotage irréprochable des différents projets, un leader sait choisir les bons partenaires. Il est capable de recruter des acteurs complémentaires et de savoir où les positionner au sein de la chaîne de création de valeur. Garant de la flexibilité du système, il orchestre la rotation des partenaires en fonction des objectifs. Le leader doit avoir une vue d’ensemble du collectif et être prêt à se séparer de certains membres s’ils mettent en péril l’efficacité du système.

L’écosystème d’affaires : pierre angulaire de l’innovation ouverte

Entre mondialisation et digitalisation, les entreprises s’internationalisent de plus en plus, constituant des écosystèmes d’affaires pluriculturels. Les membres du système bénéficient de regards provenant d’horizons pluriels. Leur portefeuille de compétences se retrouve ainsi enrichi par l’apport externe de chacun des membres. C’est en cela que l’écosystème d’affaires favorise l’innovation ouverte. En rendant accessibles à tous les apports technologiques de chacun, les leaders réduisent le budget alloué à leur service R&D. Ce phénomène s’explique par la possibilité d’exploiter en interne les compétences, ressources et savoirs développés par leurs partenaires externes.

Au sein d’un écosystème d’affaires, la mise en commun du savoir se retrouve ainsi stimulée à chaque palier du processus d’innovation. L’innovation étant un facteur clé de succès stratégique, ce type d’organisation favorise l’apparition de critères différenciants. Elle dope la compétitivité des entreprises de l’écosystème face aux autres acteurs du marché.

Comment gérer un écosystème d’affaires ?

Un écosystème d’affaires est synonyme de complexité. Il s’agit d’une structure mouvante en proie à des changement fréquents. Pour subsister, cette « métastructure » doit maximiser le développement de ses compétences et relations. En effet, juxtaposer des partenaires ne suffit pas – il faut aussi savoir les réunir autour d’opportunités communes. Y arriver nécessite à la fois de soigner les relations entre les partenaires, d’opter pour un management collaboratif et d’adopter des outils favorisant l’innovation.

Piloter une telle communauté d’affaires nécessite une vue d’ensemble des mouvements en interne. L’objectif est de se donner les moyens d’être réactif pour assurer la pérennité du système en cas de crise. Dans un contexte de coopétition propre à l’écosystème d’affaires, cette orchestration permet au leader d’assoir son positionnement stratégique au sein du système.

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Les logiciels pour entreprise étendue ou les plateformes open innovation offrent un support indispensable aux écosystèmes d’affaires. Ce type de solution aide à manager efficacement un grand nombre de projets en simultané. Elle permet d’entretenir le respect des process communs aux différentes entités tout en les fédérant. Elle offre la possibilité de centraliser les informations importantes et de les rendre accessibles à tous.

Assurer la pérennité de l’écosystème d’affaires nécessite aussi un suivi de son histoire. Certains outils permettent d’enregistrer le profil de chaque partenaire et de garder une vue sur l’historique des échanges ou des projets réalisés ensemble. Cette centralisation fluidifie les dynamiques du réseau et évite les doublons de partenariats. En effet, ce type de logiciel permet de lister et de retrouver facilement les compétences détenues par chacun des partenaires. Cet outil aide, entre autres, les écosystèmes d’affaires à faire face aux enjeux et aux implications de l’innovation ouverte.

Sources

ALIZADEH, Narges, [2021]. Le rôle de la stratégie collective dans l’écosystème d’affaire en situation de crise et de non-crise. . pp. 228.

CAPRARO, Mario et BAGLIN, Gérard, 2002. L’entreprise étendue et le développement des fournisseurs. Presses Universitaires Lyon. ISBN 978-2-7297-0715-6.

DAIDJ, Nabyla, 2011. Les écosystèmes d’affaires : une nouvelle forme d’organisation en réseau ? Management & Avenir. juin 2011. N° 46, pp. 105‑130. DOI 10.3917/mav.046.0105.  

Digital Ecosystems 2.0: climbing to the next level | McKinsey, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 21 mars 2022]. Disponible à l’adresse : https://www.mckinsey.com/business-functions/mckinsey-digital/our-insights/ecosystem-2-point-0-climbing-to-the-next-level

FAUTRERO, Valérie et GUEGUEN, Gaël, 2012. Quand la domination du leader contribue au déclin. Revue francaise de gestion. 28 mai 2012. Vol. 222, n° 3, pp. 107‑121.

FRÉRY, Frédéric, GRATACAP, Anne et ISCKIA, Thierry, 2012. Les écosystèmes d’affaires, par-delà la métaphore. Revue francaise de gestion. 28 mai 2012. Vol. 222, n° 3, pp. 69‑75.

MIRA-BONNARDEL, Sylvie, GÉNIAUX, Isabelle et SERRAFERO, Patrick, 2012. Naissance d’un écosystème d’affaires. Revue francaise de gestion. 28 mai 2012. Vol. 222, n° 3, pp. 123‑134.

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Ophélie VIVIER-BOUDRIER

Ophélie VIVIER-BOUDRIER

Ophélie accompagne les clients de HYPE Innovation du déploiement de la solution jusqu'au succès de leur programme d'innovation. Elle est une innovatrice du type "identificateur" et "améliorateur"(d'ap
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